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« je ne suis pas constitutionnaliste. Pouvez-vous me dire comment il faut présenter le texte sur l’état d’urgence ? Et surtout, quand vote-t-on les décrets ? ».
Pendant que mouvement social poursuit la chimère du pouvoir, la nébuleuse révolutionnaire poursuit celle de l'orthodoxie à coup d'anathèmes. Dans les deux cas, il s'agit encore de rapports de domination : celui d'une majorité qui décide ce qui est bon et celui d'une avant-garde qui assène ses vérités.
LE PARI DU CONSENSUS
Ces deux formes de sectarisme politique recherchent obstinément l'uniformité, obsédées par leurs voisins dans les luttes, au lieu de se concentrer sur le pouvoir mortifère et ses valets.
Pourtant, c'est bien notre diversité qui fait notre force, notre richesse, notre génie. C'est pour elle et par elle que nous luttons ; pour le droit à la singularité, à la marginalité, à la créativité dans l'égalité sociale ; par le foisonnement des idées, des désirs et des façons d'agir.
L'outil politique essentiel de demain ne sera ni la majorité ni l'unanimité, mais le consensus. Ni le pari du nombre, ni encore moins celui de la ressemblance, mais celui de l'intelligence.
Le consensus est le seul outil politique qui peut concilier nos deux buts principaux que beaucoup croient à tort antagonistes ; nos deux objectifs que le vingtième siècle a opposé illusoirement dans ses délires mortifères ; nos deux voies sublimes qui, en réalité, n'en sont qu'une, puisque nos destinées sont liées : la liberté et l'égalité.
On ne peut être pleinement libertaire sans être égalitaire, ni authentiquement égalitaire sans être libertaire. Mais cette articulation nécessite un dépassement des formes politiques révolues que sont les affres de l'uniformité archaïque et les jeux de pouvoir du spectacle démocratique.
Proposer aux enfants de philosopher le plus tôt possible, en faisant
t de la classe une communauté de recherche, attentive et solidaire, n'a pas d'autre but. C'est faire le pari de la conscience critique et de la raison universelle, non comme une fin en soi ou un simple loisir spéculatif, mais comme un moyen d'outiller puissamment l'émancipation et l'égalité sociale. C'est faire le pari d'un autre futur en faisant celui de l'intelligence individuelle et collective.
Le pari du consensus.

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KROPOTKINE, Pierre – La Morale Anarchiste
Livre audio gratuit publié le 3 janvier 2009. 13 commentaires
Donneur de voix : Gérard Ferran | Durée : 1h 47min | Genre : Essais
« En nous déclarant anarchistes, nous proclamons d'avance que nous renonçons à traiter les autres comme nous ne voudrions pas être traités par eux ; que nous ne tolérerons plus l'inégalité qui permettrait à quelques-uns d'entre nous d'exercer leur force, ou leur ruse, ou leur habileté, d'une façon qui nous déplairait à nous-mêmes. [...] »
> Écouter un extrait : Chapitre 01.
Livres audio gratuits pour 'Anarchisme' :
DÉJACQUE, Joseph – À Bas Les Chefs ! (Version 2)
Livre audio gratuit publié le 24 mars 2017. 3 commentaires
Donneur de voix : Christian Dousset | Durée : 32min | Genre : Société
« L'autorité officielle ou légale, de quelque nom qu'on la décore est toujours mensongère et malfaisante. Il n'y a de vrai et de bienfaisant que l'autorité naturelle ou anarchique. »
Militant anarchiste, « ouvrier-poète », écrivain méconnu, Joseph Déjacque (1821-1865) est l'inventeur du mot « libertaire » (De l'être humain mâle ou femelle ; lettre à P.J. Proudhon). La majeure partie de son œuvre est écrite lors de son exil en Europe et aux Etats-Unis, à la suite du coup d'État de 1851.
Ses textes théoriques où il évoque la société anarchiste par opposition radicale avec le monde bourgeois environnant sont écrits d'une plume vitriolée et publiés en feuilleton dans les colonnes du journal Le Libertaire.
À bas les chefs ! (7 avril 1859) expose sa conception de l'autorité, que la vigueur du style et la rage qui l'anime mettent en relief.
Illustration : Une du journal Le Libertaire (1860).
À bas les chefs !.
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