Il a mis en musique l'amour, la mort, la révolte et d'incandescents poèmes. Ce documentaire émouvant retrace la carrière fleuve de Léo Ferré, à l'occasion du vingtième anniversaire de sa disparition. Génération Ferré (1ère partie) - YouTube:
Enfant, il dirigeait des orchestres imaginaires sur les remparts de Monte-Carlo. Passionné de musique, il a appris seul la composition et l'harmonie, et a débarqué à Paris en 1946, à 30 ans, sans le sou. Comme nombre de ses confrères, Léo Ferré a débuté dans les cabarets de Saint-Germain-des-Prés aux riches heures de la chanson rive gauche. Mais il n'idéalisera pas cette période, rendant hommage au public "qui écoutait la chanson avec plaisir", mais dénonçant "l'exploitation abusive des artistes" par les "tauliers". Déjà Léo l'écorché vif dit ce qu'il pense à chaque fois qu'il en a l'occasion, un penchant contestataire qui, bien plus tard, en mai 1968, rencontrera un formidable écho. Puis viennent les premiers succès : "Monsieur William", "Le temps du tango" ou "Paris-Canaille". L'aide du mécène Rainier, qui met à sa disposition l'opéra de Monte-Carlo et son orchestre, met un terme aux fins de mois difficiles. Le chanteur réalise son rêve : diriger une formation symphonique et composer un oratorio pour "La chanson du mal-aimé" d'Apollinaire.
Rimbaud dans la rue
Léo Ferré n'a cessé de se renouveler, mettant en musique Baudelaire, Verlaine ou Rimbaud qu'il fit ainsi "descendre dans la rue", chantant aux côtés des anars ou habitant passionnément la scène. La rupture violente, en 1968, avec Madeleine, épouse et muse, et la mort de la guenon Pépée, l'enfant chéri du couple, réveille d'anciennes blessures et lui inspirera de saisissants monologues : "Il n'y a plus rien", "Pépée" ou encore "Avec le temps".